Des questions ?

Éléments de réponse aux questions fréquentes

La question peut être posée autrement : qu’est-ce qui nous distingue des deux Ordres cités, ou encore quelle est notre spécificité ?

La vocation de la Militia Christi est de former des « miles christi » (une sodalité) préparés à tous points de vues – intellectuel, mental, spirituel… – pour être engagés dans le combat du Christ.

Chez nous on est ‘miles christi’ sans considérations sociales discriminantes : ce qui prime, c’est la vocation de ‘miles christi’ pour participer au combat du Christ, on l’a ou on ne l’a pas !

En cela il n’y a aucun jugement sur ce qui est demandé ou vécu dans les ordres de chevalerie ni sur l’idée que l’on peut se faire de l’Idéal chevaleresque ; celui-ci est commun à tous les ordres, mais sa pratique peut beaucoup varier, car c’est une  » enveloppe » à géométrie variable !

La Militia Christi est devenue une association de droit Pontifical en 1981 pour deux raisons.

D’abord le Vatican ne reconnaît officiellement que deux Ordres de Chevalerie, l’Ordre souverain de Malte et l’Ordre du St Sépulcre qui est placé sous l’autorité d’un Cardinal et qui a une vocation très ciblée. Le Vatican ne reconnaît pas les autres ordres de chevalerie, anciens comme nous ou récents comme d’autres que je ne citerai pas, ils sont nombreux, plus ou moins proches de l’Église et plus ou moins contrôlables.

Ensuite il faut comprendre l’impact du décret du Concile Vatican II Apostolicam Actuositatem sur l’apostolat des laïcs. Il a constitué une opportunité rare de nous faire reconnaître par le Vatican comme mouvement de laïcs entrant dans le cadre défini par ce décret, mais sans nous obliger à perdre la spécificité de notre vocation chevaleresque.

Tout cela est subtil, mais facile à comprendre. Nos anciens ont saisi cette opportunité, ils ont fait le bon choix et nous pouvons en rendre grâce à Dieu.

Le tiers ordre dominicain est une fraternité faisant partie à part entière de la famille dominicaine et placée sous l’autorité des frères prêcheurs.

La Militia Christi s’en distingue sur trois points essentiels : elle est organiquement indépendante des Frères Prêcheurs, ensuite elle ajoute la spiritualité chevaleresque à la spiritualité dominicaine, enfin elle est placée sous l’autorité du Vatican et administrée par des laïcs.

Mais il ne faut pas se méprendre sur l’importance de notre lien avec la famille dominicaine, car notre vocation doit nous porter, comme elle, à « la joie, la pauvreté, la formation/l’étude et l’engagement ».

De sorte que nous pourrions dire, de façon imagée, que la Militia Christi n’est pas « membre officiellement de la famille dominicaine », mais « cousine » avec elle.

Nous avons avec les dominicains une longue histoire commune remontant à nos origines, et surtout nous tenons à notre lien spirituel avec St Dominique ; nous y tenons de façon essentielle, nous disons d’ailleurs que nous avons deux dorsales, l’une chevaleresque et l’autre dominicaine.

Il ne faut donc pas se méprendre sur notre lien spirituel avec les frères prêcheurs, il est important car notre vocation nous porte, à la manière des frères prêcheurs, à « la joie, la pauvreté, l’étude et l’engagement ».

Concrètement que faisons-nous avec les dominicains ? Au delà des liens personnels que certains de nous ont avec des dominicains je citerai, rien que pour la France car en Italie au Bénin et ailleurs des liens forts existent avec eux, trois actions : l’un de nous les conseille dans un domaine technique, un autre leur apporte le support logistique et financier de l’une de nos associations pour les aider à expédier des livres dans divers couvents à l’étranger, enfin il est arrivé qu’un dominicain participe avec nous à l’accueil des pèlerins sur le Chemin de St Jacques de Compostelle ; sans omettre que régulièrement l’un d’eux nous conseille.

Nous récusons qu’on puisse devenir membre de la Militia Christi pour des motifs identitaire ou sociologique : la Militia Christi n’est ni un refuge pour personnes ayant un préoccupation identitaire, ni un lieu de consommation de rites, ou n’importe quoi d’autre !

La question essentielle que chacun doit se poser quand il envisage un engagement dans la Militia Christi est la suivante : quelle est ma vocation humaine et spirituelle ? Ou encore qu’est-ce que je veux comme clef de voute pour ma vie ? Si c’est l’amorce d’une vocation chevaleresque (de miles christi) – même embryonnaire mais qui ne demande qu’à grandir et qui cherche pour cela un terrain favorable, une famille et une règle de vie – alors oui la Militia Christi peut être la réponse, et alors – pourquoi pas ? – offrir un cadre de conversion et de sanctification.

Mais attention à l’ordre des facteurs : la vocation est la question première. Le Christ comme « homme nouveau » ou St Paul comme « modèle » seront alors en ligne de mire lors de la démarche d’entrée dans la Militia Christi.

Comme cela est écrit dans la question, l’exhortation apostolique « Christi fideles laïci » concerne tous les baptisés-confirmés, donc nous aussi. Il n’y a rien dans ce texte qui ne nous concernerait pas et rien qui nous concernerait spécifiquement et pas les autres ; nous sommes tous « logés à la même enseigne » ! La différence ou plutôt la spécificité est ailleurs.

Elle n’est pas dans le « quoi », qui est fixé dans l’exhortation apostolique pour tous les chrétiens laïcs, mais dans le « comment » c’est à dire la manière de mettre en œuvre ce qui est demandé aux laïcs, c’est à dire les capacités d’obéissance, de courage, de loyauté, de patience, d’endurance, d’abnégation, de dévouement, d’humilité, de miséricorde, de persévérance, de courtoisie, d’amour, d’espérance, d’autonomie, de liberté, de vérité, de joie, de simplicité, de bon ton (eh oui !)… la liste est encore longue !

Nous nous distinguons par le comment/la manière que nous avons de combattre, nous avons à l’entretenir par un aggiornamento régulier pour être sûr que notre vocation ne s’affadit pas.

Mettre la Militia Christi sur le même plan qu’une ONG c’est s’engager intellectuellement dans une impasse ! Pas de comparaison possible.

On peut aussi bien être un défenseur de la liberté de Culte… dans l’une que dans l’autre. Ce ne sont pas nos actions qui nous singularisent, mais notre vocation d’hommes agissant avec les spécificités de leur idéal, celui défini par St Paul :

L’amour prend patience ; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. (1 Co 13,4-7)

Souvent de l’extérieur on regarde plus ce que nous faisons que ce que nous sommes, d’où notre vigilance à toujours faire voir la direction que montre notre action, c’est à dire donner à voir le Christ à travers ce que nous sommes. Problème de perspectives à ne pas inverser !

Il est certain que les valeurs militaires et scoutes ont beaucoup de points communs avec les vertus chevaleresques (code d’honneur par exemple).
On ne peut que souhaiter que nombre d’entre eux viennent à la Militia Christi.

Mais attention l’idéal de la chevalerie rénovée va au delà de ce que l’on trouve dans l’idéal militaire ou scout, car l’idéal chevaleresque, dans une chevalerie rénovée, implique la référence au Christ.
Est « miles christi » celui qui endosse d’abord la croix du Christ.

Bien fort qui pourra dire aujourd’hui quels combats seront les plus grands au XXIe siècle, il y en a tant de possibles !

Le spirituel ? La liberté de conscience ? La Transcendance ? L’humanisme ? La pauvreté ? Les migrations de masses ? La dignité humaine ? Le mondialisme ? Les dérives de l’ultra-libéralisme ? Le technicisme ? L’hédonisme ? L’écologie ?…

En fait les chantiers sont immenses, colossaux même. Le chevalier n’est qu’un acteur peu nombreux parmi beaucoup, beaucoup d’autres acteurs, mais il est porteur de la plus haute vocation que peut avoir un laïc.

Dans chaque pays où les chevaliers / les dames sont présents les activités tournent autour de trois pôles directement liés à notre vocation (à la fois chevaleresque et dominicaine).

Ces trois pôles sont ce que nous appelons nos trois départements d’action : on se limitera ici aux actions recommandées aux membres français.


Le Département du Rosaire et de Vie spirituelle : c’est celui qui soutient la vie de prière des membres par des actions telles que les pèlerinages, temps d’adoration, récollection… j’ajouterai à ce titre « vie missionnaire » car il est évident que prière et mission sont liées étroitement, Pape François le demande.

Pour le faire nous avons choisi en France d’offrir un service d’hospitalité spirituelle aux pèlerins et randonneurs du Chemin de St Jacques qui partent du Puy-en-Velay. Dans quatre églises et chapelles l’association Militia Christi Compostelle offre des temps de prière, d’eucharistie, de visite religieuse du lieu, d’écoute de la Parole de Dieu… tout cela à l’exclusion d’actions d’hébergement et de restauration. Depuis cinq ans des équipes de 4/5 personnes, vivant en communauté, se succèdent chaque semaine pour accueillir les pèlerins (entre 4 000 et 5 000) durant sept semaines d’été.

Le Département de l’Hospitalité : c’est comme son nom l’indique le département qui a en charge les oeuvres caritatives de la Militia Christi ; nous avons décidé de les loger pour des raisons fiscales dans une association dédiée, OEuvres Militia Christi. Elle conduit neuf actions que je n’énumèrerai pas, ce serait long ; disons seulement que nous en avons à Haïti, au Moyen-Orient, en Afrique et à Madagascar ; toutes sont dans les domaines éducatifs et sociaux. Elle compte plus de 300 donateurs fidèles et, point important, elle supporte seule les frais de gestion, de sorte qu’elle redistribue 100% des dons reçus. Bien sûr nos membres sont invités à faire leurs dons de préférence à cette association.

Le Département de la Vérité : c’est celui qui a en charge la formation des membres et leurs actions dans ce domaine. L’idéal serait que chaque membre reçoive une formation au moins égale à celle d’une licence en Sciences religieuses ou équivalente.
Plusieurs l’ont suivie ou ont entamé cette formation ; les nouveaux membres y sont tous vivement encouragés. Ce département a aussi en charge tout ce qui touche à la formation religieuse ad extra : catéchisme, catéchuménat, outils numériques d’initiation à la Doctrine Sociale de l’Église (nous débutons).

Une action notable consiste aujourd’hui à soutenir des bibliothèques d’une cinquantaine de séminaires, couvents, monastères et instituts de formation des laïcs… de 23 pays d’Europe, d’Asie d’Afrique et d’Amérique.
Pour cette action nous avons créé une association qui collecte, trie, stocke, liste et propose des livres religieux d’occasion qui nous sont donnés ; à ce jour l’association Militia Christi Education a distribué gratuitement plus de 32 000 livres.

Dans une famille, mari (chevalier) et femme (dame) peuvent être membres, et les enfants pareillement (pages) ; c’est une originalité de la Militia Christi.

Cette situation est non seulement possible mais elle est même souhaitable.

Cependant les choses sont ainsi faites qu’il y a peu de familles (mari et femme) chez nous ; bien sûr c’est une question à discuter à l’intérieur de chaque couple.

L’accompagnement est conçu à deux niveaux : nous désignons un parrain (une marraine) lors de l’entrée en stage (noviciat) d’un nouveau membre ; il l’accompagnera au moins jusqu’à l’investiture ou l’envoi en mission, et même au delà.

De plus le responsable des novices suit chaque novice personnellement et le rencontre autant que nécessaire.

L’important est de bien s’assurer de la vocation chevaleresque de l’impétrant, fût telle embryonnaire. Bien sûr il y a aussi les aumôniers / chapelains (il y en a deux actifs en France) pour guider les frères et sœurs qui le leur demandent.

Aux membres qui s’orientent vers des vœux personnels, il est demandé de prendre un directeur de conscience de leur choix.

En France nous avons une quarantaine de membres. Petit nombre mais connaissant un certain renouveau. Ils sont répartis en trois Maisons : Paris, Chartes, Lille et « Dispersés ».

Nous avons l’espoir d’en créer une dans le Sud-Est, où quelques uns de nos frères et soeurs sont présents.

Outre la France, il y a six Provinces dans le monde : trois sont en expansion rapide : au Bénin en Italie et au Togo ; il y a aussi des Provinces en Belgique, en Espagne et au Liban.

C’est un point sensible car il est au cœur de ce qui caractérise le chevalier, à la fois membre d’une sodalité et capable d’autonomie.
Membre d’une sodalité veut dire qu’il en partage les activités en priant quotidiennement pour que la grâce de Dieu et en particulier Son Esprit Saint soient toujours donnés à ceux qui sont en « première ligne » ; mais aussi en faisant des dons aux associations qui sont nos vecteurs d’action. Pour cela la distance ne compte pas.

Cependant il est important de comprendre que la chevalerie se vit aussi bien seul qu’à plusieurs, éloigné d’autres membres que proche d’eux ; cela signifie que le chevalier agit toute sa vie hic et nunc, c’est à dire là où il se trouve, et sans délai, chaque fois qu’il faut défendre l’Évangile et l’homme, quelles que soient les circonstances, en se calant toujours sur l’évangile du Christ et sur le Code de la Chevalerie.

Le chevalier n’attend pas les ordres pour agir : il prie, il réfléchit, il s’engage.

Les candidats commencent par être postulants pendant trois mois, environ, période pendant laquelle il leur est proposer de rencontrer des frères / soeurs et d’avoir un premier temps de discernement.

Au bout des trois mois, s’il en fait la demande et si elle est acceptée, le postulant reçoit alors le manteau. Le stage de noviciat dure deux ans.

À la fin du noviciat le frère peut demander son admission définitive ; il reçoit alors la Croix de la Militia Christi.

Être investi/envoyée en mission suppose déjà que soient remplies les conditions pour recevoir la Croix (cérémonie de l’engagement définitif dans notre terminologie), les voici :

  • être chrétien catholique pratiquant, attaché à la vie de prière, attaché à l’Eglise,
  • avoir une vie familiale normale,
  • avoir la vocation chevaleresque, attiré par l’évangélisation,
  • avoir le sens du service,
  • être désireux de se former,
  • être constant,
  • avoir un minimum de disponibilité.

Au chevalier on demandera en outre l’application du Code la chevalerie, c’est à dire des qualités morales de force, de courage, de loyauté, de service, de connaissances objectives en matière de doctrine… pour être capable d’assumer une difficile, permanente et exigeante mission de témoignage.

Pendant son stage nous demandons au stagiaire (novice) plusieurs lectures. Au minimum ces lectures sont :

1. une vie de Jésus (celle de Benoît XVI par exemple),

2. un livre de spiritualité mariale,

3. le livre de Bruno Pin « Le Christ chevalier »,

4. une biographie de St Dominique ou un livre sur la famille dominicaine,

5. l’exhortation apostolique Christi fideles laïci.